Photos :@Lebougmelo et @AlyasMusic

Après 82 matchs plus intenses les uns que les autres, il est compréhensible que les joueurs professionnels profitent de l’entre-saison pour se détendre et oublier le basketball le temps d’un été.  Mais pour Bismack Biyombo, qui s’est rendu à Paris pour participer au Quai 54 (la compétition de streetball la plus disputée au monde), il n’y a pas de jour de repos quand on est passionné de basketball.

Bismack profite généralement de cette pause pour mettre en place des actions caritatives dans son pays d’origine, la République démocratique du Congo. Enfant, dans les rues de Lubumbashi, la deuxième plus grande ville du pays, il jouait au basketball pieds nus, parce qu’il ne possédait pas de chaussures. À l’âge de 16 ans, il quitta sa famille et la seule maison qu’il ait jamais connue, pour poursuivre son rêve de basketball. Aujourd’hui, alors qu’il est devenu un athlète professionnel de renom, son dévouement pour le jeu n’a d’égal que son engagement à aider les moins chanceux.

Le week-end dernier au Quai 54 à Paris, sous un soleil brûlant, Bismack était aussi méditatif que concentré sur la compétition à venir. Pour lui, il ne s’agissait pas simplement d’un petit tournoi amical ou d’une apparition promotionnelle. Seize équipes d’élite, composées d’autres joueurs professionnels, s’étaient présentées avec le même objectif : tout remporter. C’est lui qui mena finalement son équipe, Child of Africa, à la victoire, décrochant par la même occasion le titre de MVP du tournoi.

C’est l’été. Vous pourriez être sur la plage quelque part à profiter de l’entre-saison. Pourquoi venir jusqu’à Paris pour jouer dans une compétition aussi intense ?

Pourquoi ? Tout d’abord, parce que j’aime le jeu. Je suis passionné de basket, et j’y investis beaucoup de travail. J’ai aussi envie de tester mes limites, me frotter à la concurrence. Tout le monde vient ici avec l’objectif de gagner. C’est pour cette raison que je voulais être là moi aussi.

Je pourrais aller à la plage et prendre du bon temps, mais une carrière, c’est tellement court. Je veux profiter de ce sport aussi longtemps que possible. En plus, je rencontre plein de gens et de joueurs qui partagent ma passion et ma vision.

Vous êtes le joueur de plus haut rang dans ce tournoi, et ça fait de vous une cible toute trouvée sur le terrain. Vous en êtes conscient lorsque vous jouez ?

Je ne change jamais d’attitude, quelquesoit l’enjeu. Je m’amuse parce que c’est fun de jouer. J’ai un don pour le basket, il faut que j’en profite. Ça ne m’a jamais gêné, et ce n’est pas maintenant que ça va commencer. [Rires] On va passer un bon moment et se créer des souvenirs ensemble.

Vous êtes arrivé à Paris un peu avant la compétition, ce week-end. Comment décririez-vous l’énergie qui entoure le Quai 54 et la culture du basket ici ?

L’énergie autour du Quai 54 est incroyable. J’ai eu la chance de passer un moment avec Hammadoun [Sidibe] pour en parler, parce que je voulais venir. J’avais suivi ce qui se faisait au Quai 54 à distance, mais sans jamais y participer.

Y prendre part et voir les proportions que prend le tournoi, c’est dingue. Et c’est génial, aussi. C’est une nouvelle façon de promouvoir le basketball. On y partage tout notre amour du jeu et notre passion, sans oublier nos rêves d’atteindre le niveau supérieur. C’est encore plus exaltant, maintenant que j’en fait partie.  Puis en arrivant ici, on voit la marque Jordan et on pense tout de suite : « C’est du sérieux. » Même les vidéos ne rendent pas justice à l’événement. Il faut venir ici pour vraiment plonger dans l’expérience.

On vous a vu parler à des jeunes fans. On sait aussi qu’il est particulièrement important pour vous d’utiliser votre notoriété pour inciter les enfants à rêver dans votre pays d’origine. Vous pourriez vous contenter de faire des dons, mais vous préférez vous rendre sur place et conserver la gestion de votre organisation au sein de votre famille. Pourquoi est-ce si important pour vous de rester fidèle à vos racines ?

Pour différentes raisons. Tout d’abord, parce que lorsque je regarde un enfant qui vient de chez moi, je me demande toujours : « Quelles opportunités est-ce que je peux donner à cet enfant, celles que je n’ai pas eues ? » Comment est-ce que je peux aider à produire d’autres Bismack Biyombo? Ils ne doivent pas seulement être des leaders sur le terrain, mais également hors du terrain, au sein de leurs propres communautés.

Je veux pouvoir dire que j’ai eu une carrière qui s’est prolongée sur 15 ans, et annoncer le nombre de vies que j’ai influencées, le nombre de leaders que j’ai formés. En dehors du basket, c’est vraiment devenu ma passion, parce que je suis convaincu que nous devons inspirer ces enfants. Ils nous admirent tellement en tant que joueurs de basketball. En tant qu’être humain, je me demande toujours : « Comment est-ce que je peux avoir une influence sur leur vie ? »

La collection 2018 Jordan « Quai 54 » s’inspire de l’énergie de la culture du basket à Paris. Quelle a été votre première réaction lorsque vous avez découvert les couleurs fluo des chaussures et des vêtements de la collection ?

Je les ai tout d’abord vues sur Internet. Les couleurs ont leur propre style. Je suis vraiment fan des Future. Ce sont mes chaussures préférées. J’ai tous les coloris. Je voyage partout dans mes Future. Elles sont faciles à glisser dans les bagages ; on peut les porter avec des jeans ou avec des shorts. J’espère qu’ils en ressortiront d’autres.

Que ressentez-vous lorsque vous enfilez vos chaussures et que vous représentez la marque du Jumpman?

Pour être tout à fait sincère, c’est une bénédiction. Enfant, je n’ai jamais eu la possibilité d’avoir une paire de Jordan. Quand j’ai réalisé que j’allais intégrer la famille des athlètes Jordan, j’étais comme un gamin avec un grand sourire sur le visage.

J’en suis toujours reconnaissant. Je ne pourrais pas être plus chanceux. Nous avons les meilleures chaussures du secteur. Chaque fois que je suis dans les vestiaires et qu’une boîte de chaussures apparaît, tout le monde sait à quoi s’attendre.  Je n’avais pas de chaussures quand j’étais enfant et aujourd’hui, j’en fournis à des milliers d’enfants dans mon pays. La marque m’a beaucoup soutenu depuis que j’ai commencé les camps. Je vis vraiment à une époque formidable.