Le 18 mars 1995 restera à jamais marqué comme le jour où Michael Jordan a annoncé son retour sur la scène du basketball après une pause de près de 18 mois. Même s’il était attendu, le doute planait encore sur son retour, huit jours seulement après l’annonce de l’arrêt de sa carrière de baseballeur.

Michael Jordan avait remporté trois titres et des récompenses MVP. Il avait battu une multitude de records. Une place dans l’histoire du basketball pour sa carrière phénoménale lui était assurée. Mais ce n’est pas pour autant que ses fans avaient abandonné tout espoir de le voir revenir.

La manière dont il a annoncé son retour sur les parquets, à une époque où Twitter et Instagram n’existaient pas, a encore renforcé sa gloire. L’annonce s’est alors faite par le biais d’un communiqué de presse faxé, préparé par David Falk, l’agent de Michael Jordan, et Alyson Sadofsky, directrice des services multimédias chez Falk Associates Management Enterprises.

Alyson Sadofsky se souvient bien du communiqué de presse qu’elle avait préparé pour le départ officiel de Jordan du baseball. Les huit paragraphes ne faisaient aucune allusion à une suite possible.

« Quand j’ai quitté le bureau le vendredi 17 mars, j’étais loin de m’imaginer que le lendemain ne ressemblerait en rien à un samedi ordinaire », explique-t-elle.

Le samedi matin, Alyson Sadofsky a trouvé sept messages sur son répondeur en sortant de la douche. Les sept messages étaient de Falk.

« David n’était pourtant pas du genre à crier, mais il hurlait au téléphone : ‘Faut que t’ailles au bureau tout de suite !’ Il voulait que je l’appelle dès mon arrivée pour me donner ses instructions », se souvient Alyson Sadofsky.

Alyson Sadofsky a foncé au bureau, d’où elle s’est empressée d’appeler Falk, qui lui a demandé d’envoyer un communiqué avec la même introduction que les communiqués précédents, mais avec une fin différente qui disait quelque chose comme « en réponse aux questions sur ses futurs projets de carrière. »

Falk avait étudié plusieurs déclarations avec Michael Jordan chez l’athlète, à Chicago. Il voulait que Michael lui donne des indications sur ce qu’il souhaitait communiquer aux médias.

« Que veux-tu que je dise ? », l’avait interrogé Falk.

Michael Jordan avait marqué une pause avant de répondre, sans l’ombre d’aucun doute :

« I’m back. » (Je reviens)

« David m’a dicté le communiqué : ‘I’m back’, se souvient Alyson Sadofsky. Je ne sais plus si j’ai posé des questions, fait des commentaires, ou même ce qui se passait dans ma tête à ce moment-là. David m’a dit qu’il fallait que le communiqué sorte IMMÉDIATEMENT, en direct. »

Cela ne se résumait pas à envoyer un fax au monde entier. « À cette époque, on les envoyait un par un, explique Alyson Sadofsky, alors il fallait un ordre de priorité. »

Elle a aussi préparé une page de garde pour chaque copie, tapée à la machine, avec le nom du destinataire, son numéro de fax et son numéro de téléphone. Ce n’était pas une mince affaire.

« J’ai commencé par le bureau d’Associated Press à New York, puis je suis passée aux journaux de Chicago », explique Alyson Sadofsky, qui a envoyé les fax un par un aux autres destinaires, parmi lesquels les grands journaux nationaux, les chaînes sportives et les journalistes qui suivaient la ligue. « J’ai utilisé deux appareils, pour pouvoir les envoyer deux par deux », ajoute Alyson Sadofsky.

« Le reste de la journée est flou, ajoute-t-elle. Quand les derniers fax sont partis, j’ai appelé David pour lui dire que j’avais fini. J’ai rangé la déclaration originale ‘I’m back’ dans un dossier sur le bureau de l’assistant et je suis rentrée chez moi. »

Sur le moment, Alyson Sadofsky s’est simplement concentrée sur l’exécution de cette tâche familière à l’urgence exceptionnelle. « Je ne me souviens pas avoir eu l’impression de participer à un moment historique. Évidemment, je me rendais compte du poids qu’avait le retour de MJ et de ce que ça voulait dire pour la ligue. Pour la fan de basketball que je suis, c’était une nouvelle galvanisante.

Ce dont je me rends compte maintenant, c’est à quel point les choses étaient différentes à l’époque. Aujourd’hui, David m’aurait appelée sur mon portable ou m’aurait envoyé un texto. Ensuite, j’aurais envoyé une déclaration par tweet et la nouvelle aurait fait le tour du monde en quelques secondes. Pas besoin de prendre la voiture jusqu’au bureau, pas d’en-tête de lettre, pas de page de garde, pas de bruits de télécopie. Juste ces quelques mots historiques. »