Lorsque Kaoru Hattori a vu pour la première fois une Chevy Impala vintage dans un magazine, elle a su qu’il lui en fallait une.

Kaoru a économisé pendant des années pour acheter sa première voiture, une Impala Hardtop 1959, et a transformé sa passion en un mode de vie en apprenant à « hopper » dans les rues de Nagoya au Japon.

Elle finit par se rendre à Los Angeles, véritable paradis des lowriders, et décide de s’installer à Compton pour s’établir comme constructrice de voitures et devenir copropriétaire de la boutique Hop Shop.

Surnommée « Kay from the door » (Kay par la porte), Kaoru se fait connaître pour son style à la fois original et téméraire quand il s’agit de hopper.

Pour Kaoru, les Air Jordan font partie intégrante de son rituel quand elle s’installe au volant de sa voiture pour les compétitions.

Kaoru explique dans l’interview comment elle a développé une passion pour les coloris Candy et Chrome et comment cette obsession se transpose d’un point de vue sneakers.

Comment es-tu devenue « Kay from the Door » ?

« Ce nom m’a été donné à LA par un gars qui faisait des films sur la culture du low riding. Il s’appelle Young Hogg.

C’est lui qui annonce le style de « hopping » lors des compétitions, car il y a différentes façons de hopper avec une voiture. Certains restent dans la voiture, d’autres font sauter la voiture en restant à côté et d’autres, comme moi, gardent la porte ouverte pendant les figures.

C’est pour ça qu’il m’a appelé « Kay from the Door ». Au Japon, c’est la technique habituelle pour hopper, c’est presque devenu une règle. J’ai grandi avec ce style. Ici, il y a peu de femmes qui hoppent de cette façon. »

Comment as-tu entendu parler pour la première fois du low riding au Japon ?

« La première fois que j’ai vu quelqu’un faire du low riding dans la rue, je me suis tout de suite dit que ce n’était pas fait pour moi. C’était assez dingue. de voir la voiture sauter et rouler de cette manière. On aurait presque dit un jouet. Au Japon, je ne construisais pas, je réparais seulement. J’observais le travail des autres.

Honnêtement, construire ou conduire les voitures, c’est très dur pour une femme. Mais quand j’ai déménagé ici [à Los Angeles], j’ai commencé à construire et j’ai ouvert la boutique [Hop Shop Hydraulics]. »

Es-tu venue à Los Angeles spécialement pour le low riding ?

« Oui. Ça a l’air fou dit comme ça. Personne ne me croit. Quand je suis arrivée à LA, je ne savais pas où aller : je ne parlais pas anglais et j’avais le mal du pays. Mais c’est ma vie. Si je ne m’étais pas intéressée à la culture du low riding, je ne serais pas là. J’ai sacrifié beaucoup de choses, mais j’ai aussi reçu énormément. »

As-tu fait venir ton Impala du Japon ?

« Je voulais la faire venir du Japon. Je ne pouvais pas la laisser là-bas, c’est mon bébé. Je n’aime pas être séparée d’elle. Elle était sale et ça m’a attristée. Mais d’un autre côté, j’étais tellement contente de la retrouver. »

Y a-t-il beaucoup de femmes qui pratiquent le low riding ? On peut probablement les compter sur les doigts d’une main.

« Exactement. Je voudrais qu’il y ait plus de femmes qui fassent du low riding. »

Tu collectionnes des Air Jordan depuis aussi longtemps que tu fais du low riding.

« C’est vrai. Ça fait plus de 10 ans. En général, je regarde les modèles pour les hommes, pas ceux pour les femmes. Le design est parfait et elles sont tellement agréables à porter. »

Comment as-tu découvert les Air Jordan au Japon ?

« Il y a beaucoup de collectionneurs là-bas. Ces sneakers sont rares. Je les porte quand je conduis. Pour moi, c’est indispensable de porter des Air Jordan quand je « hoppe ».

Enfiler des Air Jordan avant de « hopper », c’est devenu un rituel pour vous.

« Je choisis les Air Jordan en fonction de ce que je porte. Chaque paire est différente, que ce soit la forme ou la couleur. Les Air Jordan 11 sont mes préférées. Certaines Air Jordan vont mieux avec des leggings, d’autres avec des jeans. Je porte les Air Jordan 4 ou 6 avec un jean et les 11, 12 ou 13 avec des leggings. C’est vraiment devenu une passion pour moi. Ce qui est fou, c’est que je ne peux pas « hopper » si je ne porte pas de Air Jordan. J’essaie parfois… mais il manque quelque chose. »

Avais-tu imaginé que tu quitterais tout pour aller vivre ta passion en Californie ?

« Mes parents sont très sévères. Ils étaient très directifs et décidaient de tout. Ils n’ont jamais imaginé que je mènerais ce genre de vie. De la primaire à l’université, j’ai fait tout ce que mes parents voulaient. Sans poser de questions. J’ai même fait des études pour devenir infirmière. Quand j’ai dit à mes parents : « Le low riding, c’est ce que je veux faire, c’est ma passion. »

Ils ont répondu : « Mais tu es folle ? ». Ce n’est pas facile de suivre ses rêves, mais je refuse d’abandonner.Je veux aller toujours plus loin. C’est ce qui me motive. »