Texte : Deidre Dyer


Dans une période comme celle-ci, la musique semble plus vitale que jamais. De simples paroles, rythmes ou mélodies peuvent apaiser et inspirer les gens dans le monde entier. Koffee connaît bien le phénomène, étant elle-même une artiste qui a grandi à l’ère de la musique numérique. Il y a trois ans, une vidéo dans laquelle elle interprétait l’une de ses premières chansons, « Legend », est devenue virale et a rapidement permis à l’artiste de rassembler une communauté de fans mondiale.

« Legend » était l’hommage de Koffee à une icône du sport et à son pays natal, la Jamaïque, avec des paroles louant la gloire apportée par les victoires et les performances historiques. Les singles qu’elle a ensuite enregistrés, à savoir l’expressif « Burning » et l’engagé politiquement « Raggamuffin » ont rassemblé un public pour son premier album, « Rapture ». En cours de route, les prouesses lyriques et le flow inventif de la chanteuse lui ont mérité le respect de ses pairs et prédécesseurs du reggae.

Il n’est pas surprenant que le plus grand succès de Koffee, « Toast », soit une ode humble mais contagieuse à la positivité, une qualité qui a illuminé sa carrière, certes débutante, mais non moins remarquable. Plus tôt cette année, à seulement 19 ans, Koffee est devenue la plus jeune artiste à remporter un Grammy Award et la première femme à gagner dans la catégorie « Meilleur album de reggae ».

Outre ses récompenses, le soutien d’artistes de renom et le succès de ses tubes, Koffee est encore une jeune personne qui découvre le monde. Mikayla Simpson de son vrai nom, née à Spanish Town en Jamaïque, a participé à la chorale de l’église et a appris par elle-même à jouer de la guitare à l’âge de 12 ans. À l’école, elle écrivait davantage de paroles de chanson que de cours dans son cahier de chimie. Aspirant d’abord à devenir pharmacienne, on retrouve dans sa musique des vertus thérapeutiques et une sagesse intemporelle.

L’année 2020 s’annonçait phénoménale pour Koffee, avec entre autres une grande tournée prévue. Malheureusement, la pandémie a mis un certain nombre de choses en suspend, mais Koffee enregistre toujours des morceaux, apprend à jouer de nouveaux instruments et collabore à distance avec des artistes et des producteurs. « Hormis la musique, j’essaie de vivre ma vie de Jamaïcaine de 20 ans, explique Koffee. Je vais souvent à la plage. Je me balade en voiture. Je fais les courses. Je vais très souvent au supermarché », ajoute-t-elle en riant.

Jordan accueille officiellement Koffee dans la famille avec une campagne axée sur la nouvelle collection Mountainside Winter Utility et la Jordan Delta. « Ce partenariat avec Jordan est extraordinaire pour moi. Ma première paire de Jordan m’a été offerte par quelqu’un qui n’en voulait plus. Avec du recul, c’était comme un signe. La boucle est bouclée. »


Parlons d’abord de la première chanson que tu as sortie en 2017, « Legend ». Elle rendait hommage à une grande icône du sport. Peux-tu nous parler du processus d’écriture de cette chanson ? Avec du recul, quel regard lui portes-tu ?

Je me rappelle cette discussion avec mon professeur de musique à l’époque, il m’avait demandé « Qui est ton héros ? », et je lui avais répondu « Ma mère ». Il m’avait expliqué que cet athlète était son héros et je m’étais identifiée à certaines choses qu’il me disait, dont l’idée d’être un modèle pour les jeunes et de rester positif lorsque l’on connaît le succès. Je me rappelle le moment où je créais les paroles comme elles me venaient, en grattant trois accords sur ma guitare, en faisant en sorte que le rythme soit entraînant. Encore aujourd’hui je suis fière de ces paroles. Je les chante et interprète ma musique avec beaucoup de sincérité. Je crois en l’utilité de montrer aux autres qu’on les apprécie, surtout lorsqu’ils ont une vraie influence.

Traditionnellement, le reggae est un genre majoritairement masculin, et seules quelques femmes ont réussi à se démarquer. Peux-tu nommer des artistes féminines de reggae qui t’ont inspiré ou aidé à démarrer ta carrière ?

Je suis une grande admiratrice de Sister Nancy. J’ai écouté toute sa discographie et j’ai vraiment aimé son style et sa manière d’interpréter. Il y a aussi cette artiste qui est moins connue, qui s’appelle Lady P. Je me souviens quand une fois Sister Nancy l’avait fait monter sur scène. Elle n’a pas connu le même succès que Sister Nancy, mais je me souviens d’elle quand elle était vendeuse à côté de mon école primaire. Je discutais et débattais tout le temps avec elle, bien avant d’avoir moi-même l’idée de devenir artiste. Je me souviens de ses témoignages au cours de nos conversations.

En février, il y a d’abord eu ta victoire historique aux Grammy Awards. Tu devais aussi te produire au Festival Coachella et partir en tournée cet été. Sans surprise, la pandémie a beaucoup changé ton programme. Comment as-tu gardé le moral en cette période d’incertitudes ?

En restant active. Quand je ne travaille pas, j’essaie de trouver quelque chose à faire qui m’inspire. Je joue de la musique et j’écris pendant mon temps libre, même quand je ne suis pas au studio. J’ai appris à jouer de nouveaux instruments et aussi à lire et à écrire la musique.

« Toast » est devenu un énorme tube. Ta musique évoque les thèmes de la positivité et de la gratitude. Si tu pouvais t’adresser directement aux jeunes de cette génération, en Jamaïque et dans le monde, quel genre de conseils leur donnerais-tu ?

Je dirais qu’une bonne chose à faire est de s’éduquer. C’est surtout important pour nous, les jeunes, de vraiment nous intéresser à notre histoire et de rester au fait de ce qu’il se passe autour de nous. Il est bon de trouver une forme de méditation ou quelque chose à laquelle on croit vraiment. C’est un moyen de rester positif malgré les hauts et les bas de la vie.

Comment ton style personnel s’est-il développé au fil des ans ?

J’aime être très à l’aise. En ce moment, je porte un short de plage et un tee-shirt blanc. J’ai tendance à m’habiller de façon un peu plus décontractée. Mon style est influencé par la Jamaïque. Il y fait vraiment chaud. Je porte beaucoup de couleurs, des robes de plage en maille et ce genre de choses.

J’ai grandi avec l’uniforme que je portais à l’école la plupart du temps. Je portais une tunique, un chemisier, des chaussettes et des chaussures. Je n’ai jamais vraiment eu l’occasion de beaucoup m’intéresser à la mode ou de sortir quand j’étais jeune. Je suis sûrement un peu rebelle maintenant, car je porte ce qui me chante.

Comment as-tu commencé à t’intéresser aux sneakers et à Jordan ? Qu’est-ce que les Jordan représentent pour toi ?

Je me souviens avoir été en admiration devant les sneakers avant même de commencer ma propre collection. J’ai d’abord vu ces chaussures aux pieds de mes camarades de classe. Les joueurs de basket à l’école portaient toujours des Jordan. Je les voyais aussi dans les rues et elles attiraient mon regard. L’une de mes premières paires de sneakers était des Jordan que quelqu’un ne voulait plus.

En ce qui concerne cette campagne, qu’apprécies-tu dans la nouvelle collection Jordan Mountainside Winter Utility et la Jordan Delta ?

J’aime beaucoup les couleurs choisies. Les vêtements sont ultra-stylés. Quand on porte l’ensemble, ça donne un look super futuriste et tendance. J’ai porté la nouvelle Jordan Delta toute une journée et je me sentais super à l’aise. J’ai des petits pieds, mais elle me va parfaitement.

Peux-tu nous parler un peu de ton album à venir ? Rien que cette année, il y a eu tellement de débats autour de la justice sociale. Cela a-t-il influencé l’humeur des chansons que tu enregistres, ou la manière dont tu conçois l’album ?

Je pense que c’est un album assez mature. Les rythmiques sont variées et font voyager. Je peux vous dire qu’il est très positif et qu’il met le sourire aux lèvres. Il aborde pas mal de sujets, d’aspects et d’humeurs différents, tout en restant cohérent.

Ton processus de création musicale a-t-il évolué par rapport à tes débuts ? À quoi ressemble-t-il en ce moment ?

Mon processus créatif consiste simplement à ressentir pleinement la musique et à exprimer tout ce qui me vient à l’esprit. J’ai pu le faire de différentes manières. Actuellement, il y a moins de rencontres physiques avec les producteurs et les techniciens et nous travaillons plus avec le numérique.

Que signifie pour toi le fait de rejoindre la famille Jordan à ce stade de ta carrière ?

Tout d’abord, je suis extrêmement honorée. Je suis enthousiasmée et heureuse du message que Jordan transmet dans cette campagne : la positivité chez les jeunes. C’est vraiment le bon moment pour cela.


La collection Jordan Mountainside Winter Utility et la Jordan Delta sont maintenant disponibles sur Jordan.com et chez certains revendeurs.