Texte: Kate Matthams Spencer

Né et élevé à l’ombre du Sacré-Coeur, Théo est un jeune sportif créatif qui collabore au collectif Pigalle, ancré dans le quartier et la marque parisienne éponymes. Il joue au basketball, fait le mannequin, prend des photos, réalise des vidéos et teste les modèles Pigalle. En 2015, après avoir conquis les amateurs de streetwear locaux, la marque Pigalle a remporté le prestigieux prix ANDAM récompensant les jeunes talents de l’univers de la mode, confirmant par la même occasion sa place dans la capitale chérie du secteur.

Niché entre Montmartre et les rues paisibles du nord de l’Opéra, le quartier de Pigalle s’est débarrassé, ces dernières années, de sa mauvaise réputation, pour devenir un foyer de créativité. Au cœur de ce renouveau se trouvent des jeunes, notamment les « Brothers of Pigalle », qui incarnent le mode de vie du quartier par le biais de la mode, du cinéma et du sport. Leurs plus belles réussites résident dans la marque Pigalle et le terrain de basket de la rue Duperré,qui a été reconquis et remis à neuf en 2015, avec le soutien de Nike.

Enfants, Théoet sa bande jouaient au basket et s’entraînaient ensemble. Ils sont unis par des liens fraternels, plus forts que ceux du sang. Désormais, ils font rayonner la culture urbaine parisienne à l’échelle mondiale.


Comment est-ce que le quartier de Pigalle a forgé ta personnalité ?

J’ai grandi ici. C’est le quartier qui a fait de moi qui je suis. J’ai appris à faire un tas de trucs à Pigalle. Je regardais tout le temps ce que faisaient nos grands frères. Ils faisaient plein de choses, dans différents domaines comme le cinéma et la mode. Ça m’a donné envie de faire différentes choses moi aussi.

Il y a beaucoup de diversité à Pigalle. Il y plein de cultures différentes qui se côtoient ici. C’est comme un village peuplé de personnes de toutes sortes d’origines. Le quartier n’a rien à voir avec le reste de la ville. Quand je sors de Pigalle, je suis un peu perdu.

Comment décrirais-tu le collectif Brothers of Pigalle ?

Bien plus qu’un collectif, on est une famille. Tous ces mecs sont comme mes frères. J’ai grandi à leurs côtés. Ce sont eux qui m’ont tout appris. On a vécu énormément de choses ensemble.

De quelle façon est-ce que vos talents individuels se complètent ?

Chacun de nous a son truc bien à lui, mais on est tous un peu touche-à-tout. Je prends des photos, je tourne des films, je dessine des vêtements et je fais du sport. Je m’intéresse à l’architecture et à plein d’autres choses. Chacun de mes potes a son propre talent, on se complète bien. Les remarques du groupe peuvent être dures, mais elles sont totalement honnêtes.

“Nos parents étaient fans du Paris Saint-Germain, donc c'est quelque chose qui se transmet au fil des générations.”

Tu as évoqué votre enfance ensemble. Raconte-nous comment tu as rejoint la bande de Pigalle.

C’est comme ma famille. Ils sont comme mes frères depuis que je suis enfant. C’est avec eux que je veux construire mon avenir. On a des envies différentes et on n’est pas toujours d’accord, mais on trouve toujours un compromis et une façon d’avancer ensemble.

En quoi est-ce qu’il est important pour toi de représenter Pigalle ?

C’est comme si je représentais mon pays. C’est comme être un joueur de foot sur la scène internationale. Je suis super fier de représenter mon quartier.

Dans une perspective plus large, que t’évoque Paris ?

On vit dans une ville incroyable avec plein de quartiers différents. Chacun possède sa propre identité et c’est ce qui fait la force de Paris. Ce n’est pas facile à expliquer. C’est quelque chose que je porte ici [il se tape la poitrine]. Ça vient du cœur.

Comment est-ce que tu domines la ville (« Own the City ») et la gardes avec toi quand tu voyages ?

Paris est toujours, toujours avec moi.Avec mon équipe, on est allé à Los Angeles, au Japon et aux Philippines pour jouer au basket. On a fait des tonnes de voyages différents et à chaque fois, on a renvoyé tout l’amour qu’on recevait aux gens de Paris. C’est magnifique. On est vraiment fiers de représenter la France, c’est notre patrie.

Ces cinq ou six dernières années, la vie est devenue un peu plus compliquée à Paris, mais ça a renforcé encore plus l’esprit de communauté. Quand quelque chose de grave survient, ça nous rappelle qu’on esttous ensemble. Il n’y a rien qui unisse les gens plus que ça.

Comment est-ce que la culture du foot et le Paris Saint-Germain ont influencé ton style ?

C’est mon équipe, tout simplement. Je regarde les matchs depuis que je suis petit. Nos parents étaient fans du Paris Saint-Germain, donc c’est quelque chose qui se transmet au fil des générations.L’équipe est une grande source de fierté pour nous alors c’est génial d’incarner cette collection.

Quel rôle ont joué les Air Jordan et le basketball dans ta vie ?

J’en ai toujours voulu une paire quand j’étais enfant. Pendant trois ou quatre ans, j’ai gardé les Jordan de mon père qui étaient trop grandes pour moi. Je voulais des Air Jordan et en avoir une paire, ce n’était pas rien. La culture du basket est désormais très forte à Paris.


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