Texte : Brandon « Jinx » Jenkins

Photos : @13thWitness

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On peut dire sans trop s’avancer que la plupart des gens se mettent au vélo assez tôt, durant l’enfance. Mais apprendre à maîtriser l’engin est un véritable rite initiatique, ainsi qu’une introduction à l’équilibre et à la mobilité. Que l’on soit au contact avec la compétition ou non, le vélo n’est généralement rien d’autre qu’un moyen de transport. Pour Nigel Sylvester, qui a arpenté toutes les rues de son quartier natal de Jamaica dans le Queens à vélo, chaque jour était une nouvelle occasion d’apprendre de nouveaux tricks et de ne pas s’enfermer dans la routine d’un travail de huit heures par jour. 

Heureusement pour lui, ses deux cousins, plus âgés, l’ont laissé les accompagner lors de leurs virées en deux-roues. C’est à partir de là qu’il a appris à traverser les bons comme les mauvais moments grâce au vélo. Le nombre incalculable de petits boulots, la rencontre avec son idole du BMX et la victoire de sa mère sur le cancer ont encouragé Nigel à vouloir devenir professionnel. Dès qu’il a atteint ce niveau, alors âgé de 17 ans, il s’est donné comme mission de changer les règles du jeu.

Aujourd’hui, à 30 ans, Nigel en a fini avec la compétition. Vous avez plus de chance de l’apercevoir sur sa chaîne YouTube, sur laquelle il a récemment fait découvrir au public les villes de Londres et de Paris du point de vue de la caméra fixée sur sa tête. Dans le cadre de sa série d’aventure intitulée « GO », Nigel réalise des figures à vélo, généralement chaussé d’une paire de Jordan, interagit avec des amis artistes et explore de nouveaux endroits aux quatre coins de la planète. En résumé, il écrit l’avenir du BMX tout en nous emmenant avec lui lors de ses virées.


 

À quel moment as-tu réalisé que l’enjeu était plus que simplement faire du vélo ?

J’ai vu des riders à la télé. ESPN retransmettait les X Games. Il y avait aussi des magazines de BMX à la bodega de mon quartier. Tous les mois, j’allais les acheter et je lisais les actualités BMX du monde entier. J’ai commencé à m’intéresser à quelques pros, à suivre leur parcours et leur style. Je m’y suis mis de plus en plus.

J’avais aussi des copains dans le quartier qui pratiquaient le BMX. On avait constitué une petite clique. C’était très rare de voir d’autres gamins du quartier faire du BMX à ce niveau. Chacun glanait des infos au sujet du BMX et on se les partageait en échangeant des vidéos et autres.

Dans quelle mesure tes virées dans New York t’ont permis de créer un style nouveau, différent de ce qui se faisait ailleurs dans le monde ?

Faire du vélo dans New York est une activité unique en soi. On découvre tellement de quartiers différents, de cultures différentes. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’adore New York : toute la diversité qu’elle concentre sur unepetite surface. Et cette diversité, on la retrouve aussi à vélo. J’ai tiré parti de toutes ces expériences, en parcourant l’ensemble de la ville à vélo, du Queens à Brooklyn, en passant par le Bronx ou le sud.


Nigel n’est pas seulement devenu un héros dans son quartier, son aura dépasse largement les cinq arrondissements de la ville. Il est l’une des figures du BMX les plus emblématiques de tous les temps. Cela s’est avéré assez rapidement sur le tournage, lorsqu’un gamin s’est écrié depuis un pont surplombant Rucker Park, plus de trois mètres au-dessus de nous : « Ce serait pas Nigel ?! »


 

Comment as-tu développé ton propre style ?

A l’époque, je n’avais pas l’éducation classique d’un rider BMX. Quand on grandit dans le Queens, à New York, comme moi, on apprend à être plein de ressources et vif d’esprit. Je n’ai pas eu l’occasion de participer à beaucoup de concours, donc la compétition n’était pas importante pour moi. Ma priorité était plutôt de filmer des vidéos captivantes et de réaliser des photos de mes activités en BMX, en concentrant toute l’énergie et les souvenirs de mon enfance.

Dès lors que j’ai compris mon style et la position que je voulais adopter en tant que rider, j’ai tracé ma route dans cette direction. C’était peu de temps avant de devenir professionnel. Quand je suis devenu pro, je disposais d’une plateforme qui me permettait de partager ce que j’avais rencontré et ce qui m’avait attiré dans la rue les années passées.

Ta pratique relève plutôt du style de vie. Elle place le BMX sur le plan humain.

Je dirais que les expériences que j’ai vécues ont fait de moi la personne que je suis aujourd’hui. Cela va plus loin que la pratique du vélo. Évidemment, j’aime sortir pour pratiquer et faire des figures de fou, mais j’aime aussi prendre le frais, voyager, découvrir le monde et de nouvelles cultures en me rapprochant d’artistes de différents secteurs et en collaborant avec eux, afin de raconter une histoire originale à travers ma pratique du BMX.

Pour moi, le BMX est l’incroyable rencontre du sport et de l’art. J’en ai fait mon approche : je pratique et m’entraîne comme un athlète, tout en cherchant continuellement des moyens d’élever mon expression artistique.


La perspicacité entrepreuneuriale et la créativité de Nigel se reflètent dans sa pratique. Quand on le voit pédaler, le vélo n’a rien d’un moyen de transport. C’est le prolongement de son corps et l’expression de sa vision de l’avenir. Nigel est capable de manœuvrer le métal et le caoutchouc de façon à créer une symbiose et à communiquer une émotion qui le dépasse.  

Quand on regarde des vidéos de Nigel sur YouTube, on comprend aisément pourquoi il se présente comme un « explorateur des temps modernes ». Il explore des lieux qui nous sont familiers, en se concentrant sur un rebord ou un escalier qui donne une dimension supérieure au parc en question. Ses figures sont un ticket d’entrée pour de nouvelles villes, son passeport pour de nouveaux pays.


 

Considères-tu avoir fait évoluer le secteur ?

C’est une bonne question. Je vois clairement l’effet de propagation des actions que j’ai menées tout au long de ma carrière. Cela fait plus de 12 ans que je suis professionnel maintenant. Le public m’a regardé grandir dans le milieu du BMX à travers Internet. J’ai vu d’autres gamins suivre mon chemin, et c’est un sentiment formidable. Avant que je ne me lance dans cette direction, les gens se posaient la question de savoir si c’était une bonne ou une mauvaise idée.

Dirais-tu que ton énergie a évolué depuis tes débuts ?

Bien sûr. Mon appétit a grandi par rapport à l’époque où j’ai commencé, parce qu’aujourd’hui, je connais les possibilités qu’offre le BMX. Quand j’étais plus jeune, je pensais que devenir professionnel était le summum à atteindre et qu’ensuite, j’en aurais fini. Je suis devenu pro, et je réalise qu’il y a encore beaucoup de choses à faire. Je veux créer plusieurs entreprises, continuer à créer du contenu novateur et à faire de l’art, maintenant que je sais que c’est possible.

À quoi ressemble le BMX à travers le monde ? Quels sont les endroits sympas en dehors des États-Unis ?

Et bien, je rentre tout juste de voyage. J’étais à Paris et à Londres. C’était super de rencontrer d’autres riders et artistes des quatre coins de la planète.

Où qu’on soit, il y a toujours un jeune qui fait du BMX. Et la connexion se fait automatiquement, parce qu’on a la même passion. J’apprends à connaître sa ville ou son quartier, ou vice versa.

Tout ce que je fais, je le fais parce que j’aime ça. J’ai pu devenir rider professionnel parce que j’aime le vélo. Si j’ai été capable de faire d’autres choses en dehors du sport, c’est parce que mon cœur y est aussi.

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