Texte : Brandon « Jinx » Jenkins

Photos : @AnthonyBlaskoPhoto

« The Ones » célèbre une nouvelle génération d’individus rebelles et talentueux. Cliquez ici pour découvrir d’autres histoires.


Dans l’industrie du divertissement, Shameik Moore est ce que l’on appelle une triple menace : un esprit créatif dont le potentiel intarissable dépasse les frontières du cinéma, de la musique et de la danse. Dès l’âge de 12 ans, il s’illustre comme danseur en multipliant les battles dans les clubs locaux d’Atlanta, sa ville natale. Sur le dancefloor, les victoires s’enchaînent et donnent à Shameik la confiance nécessaire pour se lancer dans la musique et la comédie.

Dans un premier temps, le jeune homme consacre son énergie débordante aux castings. Il décroche son premier grand rôle à la télévision du haut de ses 13 ans. Presque au même moment, il s’essaie à la musique et fait ses premières scènes dans des écoles de la région d’Atlanta.

Ce touche-à-tout donne un coup de pouce à sa carrière en décrochant des rôles fascinants, tels que celui de Malcolm, le lycéen ambitieux et sympathique de DOPE, ou encore celui de Shaolin Fantastic, le DJ incontournable de la série Netflix The Get Down. Toutes ces expériences et ces triomphes le mènent à son défi le plus important à ce jour : revêtir le célèbre costume de Miles Morales dans le film d’animation Spider-Man™: New Generation de Sony Pictures. 

Dans Spider-Man™: New Generation, l’homme-araignée s’associe aux Spider-Man d’autres dimensions pour affronter un effroyable danger. L’un de ces super-héros arachnéens est Miles Morales, un gamin débrouillard de Brooklyn, doublé par Shameik, qui porte des Air Jordan et apprend à assumer ses tout nouveaux pouvoirs et les responsabilités qui vont avec. Miles, le personnage principal de ce nouvel opus, est également le tout dernier membre de la famille The Ones de Jordan.


 

As-tu parfois l’impression que tes différents talents sont en concurrence ?

C’est uniquement dans l’esprit des autres que mes talents sont en concurrence. Ils se disent : « C’est un très bon acteur. Il ne devrait pas essayer de faire de la musique en plus. » Pour moi, ils ne sont pas en concurrence, parce qu’ils font tous partie de ma personnalité.

Cette même dynamique s’applique-t-elle à Miles Morales, ton personnage dans Spider-Man™: New Generation ?

On peut faire beaucoup de parallèles entre ma vie et celle de Miles Morales. Miles a une âme d’artiste, tout comme moi. Le film débute sur une scène où on le voit chanter « Sunflower » de Post Malone et Swae Lee. On le retrouve ensuite en train de graffer avec son oncle, et c’est à ce moment-là qu’il se fait piquer par une araignée et que sa vie bascule. Parmi les milliers de personnes qui habitent Brooklyn, l’araignée choisit Miles. De la même manière, qu’on m’ait choisi moi pour interpréter Miles Morales, parmi tous les gens qui habitent cette planète, c’est quelque chose de très fort.

J’ai entendu dire qu’avant même que ce rôle ne soit une éventualité, tu rêvais d’interpréter Miles Morales dans un film. Comment as-tu découvert le personnage ?

Je traînais avec mon cousin, qui est un peu plus âgé que moi, et mon petit frère. On regardait des dessins animés et on jouait aux jeux vidéo en écoutant du hip-hop. Tout d’un coup, Spider-Man apparaît à l’écran, mais il est accompagné de cet autre  Spider-Man. Alors que je l’observe, il enlève son masque, et là je me dis : « Attends une seconde. Il est noir ? C’est quoi cette histoire ? »

C’est comme ça que j’ai découvert Miles Morales. On se ressemblait comme deux gouttes d’eau. C’est comme s’ils avaient animé mon visage pour le faire passer à la télévision. J’ai toujours eu l’impression que j’étais son incarnation.

Par la suite, pendant le tournage de Dope, Kiersey Clemons, qui jouait à mes côtés, m’a donné ce journal. Elle m’a dit : « Shameik, tu devrais commencer à écrire ce qui te passe par la tête. » J’ai écrit : « Je suis Miles Morales. Je suis Spider-Man. »

Tu sais comment ils ont décidé de me proposer le projet ? Les réalisateurs étaient à Sundance pour assister à l’avant-première de  Dope. Ils ont vu le film avant tout le monde. C’est comme ça qu’ils ont décidé que j’incarnerais Miles Morales. C’est une histoire incroyable quand on pense à ce que j’ai écrit dans mon journal alors que je tournais le film.


Lorsqu’on m’a présenté Shameik pour la première fois, il m’a serré la main tout en effectuant des mouvements de « pop-and-lock », comme un danseur de hip-hop. D’ailleurs, le décor n’aurait pas pu faire plus « Spider-Man » ou « New York ». On traversait à pied le parc John Allen Payne, sous la bretelle de la Belt Parkway, l’une des routes les plus empruntées de Brooklyn. Il faisait froid et il tombait des trombes d’eau. Malgré ces conditions peu engageantes, Shameik était plein de vie, et sa façon de se déplacer ne laissait aucun doute sur sa capacité à jouer Spider-Man.


 

Tu t’attaques à un rôle chargé d’histoire. Spider-Man a au moins 50 ans, non ? Tu n’es donc pas le premier à interpréter le rôle, mais cette fois, c’est sous la forme d’un doublage. Comment t’es-tu approprié le personnage ?

C’était mon ambition première, parce que ma vision originale, celle que j’ai décrite dans mon journal, c’était d’incarner Miles Morales dans un film d’action classique. Je me suis dit : « Si je dois jouer une version animée de Miles Morales, qui sera projetée dans les cinémas, et qu’il y a tant d’énergie mobilisée autour du projet, je dois me donner à fond. C’est une opportunité formidable. » Je savais qu’il fallait que j’apporte une nouvelle dimension au personnage, pour le rendre emblématique et que le public m’identifie vraiment à lui.

Selon toi, qu’est-ce qui a poussé les réalisateurs à te choisir pour la voix de Miles ?

Je pense qu’à l’origine, ils voyaient plutôt Miles comme quelqu’un de réservé, pas vraiment sûr de lui. Ma voix était naturellement crédible pour le rôle, mais elle était également un peu plus assurée. Finalement, c’est quelque chose qui leur a plu. Ensuite, ils ont commencé à faire évoluer le personnage en fonction de ça, parce qu’il y avait beaucoup de parallèles entre Miles et moi. J’ai une famille aimante à la maison. Je suis créatif. Les réalisateurs m’ont choisi de la même façon que l’araignée a choisi Miles.

Quel rôle joue la rébellion dans la vie de Miles Morales ?

Être Spider-Man, ça veut dire sécher les cours ou sortir en douce de la maison pour aller sauver l’humanité. C’est forcément une forme de rébellion.  Lorsqu’il se fait piquer par l’araignée, c’est parce qu’il est sorti sans autorisation pour aller graffer avec son oncle. Même quand Miles refuse d’abord d’accepter son statut de Spider-Man, il va à contre-courant.

Pour moi, la rébellion est le premier pas sur la route du succès. On évolue dans un monde où il est difficile de se positionner. On ne peut pas regarder un tableau d’affichage et se dire « Punaise, ce soir j’ai mis 50 points. » Comment alors mesurer son degré de réussite ?

Au début, je me comparais beaucoup aux autres. Je le déconseille fortement, parce que dans ces conditions, il y a forcément un vainqueur et un perdant. Pourquoi se comparer ? La vie n’est pas une course. Ce qui importe, c’est ta vision globale et l’ensemble de ton travail. Je souhaite que le siècle de travail que je vais laisser derrière moi perdure longtemps après ma disparition.

L’une de mes citations préférées est qu’on ne naît pas sûr de soi, on le devient. Il faut être intrépide pour aller de l’avant et se forger l’assurance nécessaire pour convaincre le premier venu.


Dans ce personnage animé, Shameik a trouvé son âme sœur, parce qu’ils partagent les mêmes qualités de témérité et de gentillesse, mais également une passion commune pour les Air Jordan. Tout au long du film, qu’il apparaisse sous les traits d’un adolescent affable ou de Spider-Man, Miles porte des Air Jordan 1, un détail que n’a pas manqué de remarquer Shameik.


 

Il y a également autre chose qui m’a sauté aux yeux. Miles porte des Air Jordan 1.

Ce qui est vraiment cool dans ce film, c’est qu’il traite l’histoire de Spider-Man comme un mythe et ce, dès la morsure de l’araignée radioactive et pendant tout le reste de l’intrigue. Il transplante l’histoire à Brooklyn, au lieu du Queens. Et il fait porter un sweat à capuche et des Air Jordan à Miles Morales, tu comprends ?

Les Air Jordan ont-elles une signification particulière pour toi dans la vie réelle ?

Oui, clairement. Tout le monde devrait posséder une paire de Jordan. C’est aussi un symbole culturel. Chacun a son style et chacun porte ses Jordan à sa façon. Les Jordan ont une signification particulière pour moi du fait de l’histoire de la marque.

Quel est ton premier souvenir de la marque Jordan ?

Je jouais au basketball à Atlanta. J’étais rapide, j’étais meneur de jeu et j’avais des moves. Le coach était cool et un jour, il nous annonce : « Yo, on va tous vous acheter des Jordan ! » J’ai hérité des 11, j’étais super content.

Qu’est-ce que tu ressens lorsque ton personnage met son masque de Spider-Man ?

Pour l’instant, je ne joue que la version animée de Miles, donc je n’ai pas encore vraiment pu vivre ce moment. J’imagine que la sensation doit être la même que lorsque j’ai enfilé ma première paire de Jordan quand je jouais au basket. On doit se dire : « Mince, c’est le moment. C’est le moment d’enfiler tes chaussures. C’est le moment d’y aller. » C’est ce regain de confiance, ce sentiment d’être bien plus que Miles ou Shameik.

Miles est un héros du fait de son état d’esprit et non d’une piqûre d’araignée. Il apprend cette leçon dans le film. Ce n’est pas la piqûre qui le transforme en Spider-Man. Il a dû se trouver, apprendre à se connaître. Chaque personne est unique. Chaque personne a sa propre histoire. Chacun suit son chemin, et tout le monde peut porter le masque. Tout le monde a l’étoffe d’un héros.


La Air Jordan 1 Retro High OG « Origin Story » est disponible à partir du 14 décembre sur SNEAKRS et dans certains magasins.

Spider-Man™: New Generation est sorti partout en France le 12 décembre.

© & TM 2018 MARVEL. ©2018 SPAI. TOUS DROITS RÉSERVÉS.