Il n’y a pas si longtemps, Travis Scott était un rappeur bien connu. Tout le monde connaissait ses chansons, enviait son look et était fasciné par ses clips. Et qui ne s’est pas déhanché sur son tube « Antidote » en reprenant toutes ses impros à la perfection ? Il reste qu’une grande partie de son charisme était due à l’aura de mystère qui l’entourait. Travis paraissait inaccessible, presque intouchable : on le voyait souvent prostré dans un coin, tête baissée, mains sur le visage.

C’est encore le cas aujourd’hui. À une différence près, mais de taille : Travis Scott est désormais une superstar. Il est arrivé au stade de sa carrière où ses concerts ne sont qu’un enchaînement inépuisable de hits. Inépuisable, comme l’énergie qu’il déploie lorsqu’il est sur scène.

Lorsque j’ai assisté à son show lors de l’évènement organisé par la marque Jordan, j’ai eu l’impression d’être à un concert de rap, de rock, de pop et de métal en même temps. Et lorsqu’on pense à son célèbre oiseau géant, battant ses ailes colossales et dominant l’ensemble de la scène, on pourrait même se croire dans un cirque. Ajoutez à cela des effets pyrotechniques, et vous avez l’impression d’avoir remporté un grand chelem.

Après le concert, j’ai rejoint Travis dans sa loge. J’étais épuisé rien que de l’avoir vu chanter, mais Travis, lui, avait assez d’énergie pour l’interview. Nous avons parlé de son équipe préférée, de la marque Jordan et de Ray, son photographe de tournée.

Browne: Parlons de Houston. Même si Houston a eu ses moments de gloire dans les années 90, vous n’avez pas le vent en poupe en ce moment. Moi qui viens d’Atlanta, je comprends ce sentiment. Nous n’avons pas de bonnes équipes en ce moment. Qu’est-ce que cela fait de pouvoir à nouveau soutenir un joueur ou une équipe, après des années et des années de traversée du désert ?

Scott: C’est devenu mon moteur, un modèle à suivre au quotidien.Cela m’inspire dans ma vie en général. Le simple fait d’entendre le nom de Houston dans les conversations. Le fait de pouvoir me retrouver dans un sport. Et puis voir les joueurs super concentrés, à fond. Vous voyez ce que je veux dire ? J’essaie de me tenir au courant des résultats de l’équipe aussi souvent que possible.

Browne:  Oui, j’imagine.

Scott: Lors du All-Star Weekend, j’ai pu parler avec pas mal de joueurs, de musiciens et de designers. Leur point commun, c’est ce sentiment incroyable d’être connecté à Jordan.

Browne: Tu ne trouves pas ça ennuyeux, à la longue?

Scott: Alors là, J’aurais déjà arrêté si j’avais commencé à m’ennuyer. J’essaie toujours d’apprendre de nouvelles choses, de trouver de nouvelles perspectives pour ma créativité, une nouvelle façon artistique de pouvoir canaliser mes frustrations.

Browne: Je comprends.

Scott:  Les arts plastiques, les chaussures, le sport, la musique, le théâtre, le cinéma… Tout ce qui me procure un shoot de créativité me plaît. Je ne considère même pas ça comme du travail.

Browne: C’est génial.

Scott: Les maths, ça c’est une corvée. Ce que je fais, par contre, c’est tout le contraire.

Browne: Une dernière chose dont je voulais te parler : la semaine dernière, j’ai rencontré un photographe qui s’appelle RaysCorruptedMind, qui est en fait ton photographe de tournée. Il se tient à nos côtés en ce moment même et est en train de nous photographier.

Au début, il n’était pas très bavard, mais maintenant, nous discutons bien. On est presque devenus potes, je crois ! Qu’est-ce que tu penses de lui en tant qu’artiste qui commence à percer, et qui prend clairement son métier à cœur ? Qu’est-ce que tu apprécies le plus chez lui et qu’apporte-t-il à ton équipe ?

Scott: Attends, tu viens de dire que c’est un génie, c’est ça ?

Browne: Je n’ai pas dit ça.

Scott: [Rires] Il y a beaucoup de corruption. Tout est corrompu. Je suis pour la corruption à 100 %. De type artistique, qu’on soit bien d’accord.

Browne: Comment vous vous êtes rencontrés ?

Scott: En gros, un des mecs qui a fait la couverture de mon premier album fait partie de. Un jour, j’ai vu une photo prise par Ray sur Instagram et j’ai dit à mon pote : « Mec, Tu sais quoi, je pense que je vais arrêter de bosser avec toi, j’ai trouvé quelqu’un d’autre. » Il m’a répondu : « Ah ok », et je lui ai dit : « Tu peux nous laisser s’il te plaît ? »

Et il m’a dit : « Ok. » C’est comme ça que Ray a commencé à m’accompagner en tournée. C’était bien sympa.