Photos : Kevin Couliau (@asphaltchronicles)

Le photographe et réalisateur Kevin Couliau a passé une semaine avec la Fondation Bismack Biyombo dans les villes de Kinshasa, Goma et Lubumbashi. Pendant leur séjour, Bismack et son équipe ont fait des dons d’équipements à des hôpitaux, assisté à la finale de la Biz League à Kinshasa, et visité le chantier d’une future école dans sa ville natale, Lubumbashi.

Bismack Biyombo, aujourd’hui âgé de 27 ans, se souvient que lorsqu’il était enfant, les ballons de basket étaient rares en République démocratique du Congo (RDC). Ces objets convoités rassemblaient les enfants dans des équipes très unies. Ils savaient partager et attendre patiemment leur tour, et portaient souvent des sneakers dépareillées ou des chaussures de ville comme lui. Trouver quelqu’un qui avait un ballon ou se faire inviter à jouer dans un match n’était pas une mince affaire.

Des enfants de Lubumbashi jouant sur le terrain où Bismack a joué durant ses années de collège et de lycée

Malgré ces souvenirs de l’époque, Bismack passe une grande partie de l’intersaison à faire de bonnes actions dans son pays natal, par le biais de la Fondation Bismack Biyombo. Dès qu’il en a eu les moyens, il a commencé à revenir en RDC pour étendre la pratique du basketball en apportant les outils nécessaires, notamment des ballons et des chaussures. Bien placé pour savoir à quel point le basketball peut changer une vie et rassembler les gens, il espère donner plus de chances à la nouvelle génération.

« Si je ne le fais pas, qui va le faire ? » demande Bismack, désormais joueur de la NBA et membre de la famille Jordan. « Pour moi, l’objectif a toujours été d’aider le plus d’enfants possible et de leur offrir les meilleures opportunités, parce que je n’ai pas eu cette chance. Tous les obstacles que j’ai dû surmonter dans le passé m’ont poussé à faire quelque chose, pour que cette génération et la suivante n’aient pas à traverser les mêmes épreuves que moi. »

Bismack et ses parents chez eux à Lubumbashi, à côté d’une boîte à souvenirs

Bismack a quitté la RDC à 16 ans pour essayer de réaliser son rêve : devenir basketteur professionnel. À l’origine, il envisageait de partir au Qatar, mais après une brève halte pour jouer au Yémen, il a été repéré par le coach de basketball portugais Mario Palma, qui l’a fait entrer dans une ligue professionnelle espagnole. Environ trois ans plus tard, après être devenu un joueur solide dans la défense du panier, Bismack a fait une entrée remarquée sur le terrain de la NBA en 2011, en tant que septième choix de la draft.

Malgré son ascension fulgurante, sa richesse nouvellement acquise et son agenda bien chargé, Bismack n’a jamais cessé de renforcer ses liens avec son pays natal. Le fait de ne pas avoir eu de modèle dans le basketball quand il était jeune l’a poussé à en devenir un pour les autres. À 19 ans, durant l’été qui a suivi son année de rookie, Bismack a créé un camp de basketball. L’idée de départ est devenue un événement couvrant plusieurs villes, avec des sponsors fournissant des équipements à des enfants qui n’avaient souvent jamais eu de sneakers neuves.

Bismack sur le terrain de son lycée à Lubumbashi, où il a réalisé son premier dunk

Ça peut sembler inattendu, mais Bismack a toujours eu de grands projets. « Une fois qu’on a de bonnes infrastructures, on peut relever le niveau de la ligue, explique-t-il. Parce qu’on n’a plus à se soucier [de la qualité] du terrain, des risques de blessure ou des bases, comme le fait d’avoir des chaussures ou un ballon de basket. »

En outre, Bismack sait que le basketball est une passerelle vers l’éducation et les autres sports, une manière d’améliorer sa qualité de vie. « À partir de là, on a vu les choses en grand, ajoute-t-il. On a commencé à construire des écoles et des installations sportives. On doit aider ces enfants à rêver tout en restant chez eux avec leur famille. On doit faire partie de la solution. »

Le chantier d’une future école à Lubumbashi, financée par la Fondation Bismack Biyombo.

Via la Fondation Bismack Biyombo, le pivot des Hornets a également apporté une aide humanitaire, en particulier en matière de soins médicaux et d’équipement pour les hôpitaux, dans son pays natal ainsi que dans les régions voisines. Pour beaucoup, Bismack est devenu une source d’espoir et un exemple, montrant qu’il ne faut jamais oublier d’où on vient.

« Plus je peux être proche des enfants, plus je peux les aider à réaliser que c’est bien réel, mieux c’est, déclare Bismack, l’aîné de six frères et sœurs. Il faut qu’ils me regardent dans les yeux, il faut qu’ils me parlent, il faut qu’ils ressentent mon énergie positive. Toi aussi, tu peux le faire. Rien n’est impossible. Si tu y consacres du temps et que tu crois en tes rêves, l’univers trouvera un moyen de réunir toutes les conditions. Les enfants sont ma source de motivation. Je ne m’entraîne pas seulement pour moi, je m’entraîne pour tous ces enfants. »


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